05 septembre 2007
J'ai testé pour vous : le chômage
Désolée de n'avoir pas posté pendant plusieurs jours, mais mon nouveau job me met sur les rotules.
Je profite donc de ce que je ne suis pas endormie devant la télé pour dresser, comme promis, un bilan de mon expérience en tant que chômeuse "demandeuse d'emploi".
Tout d'abord, l'outplacement. L'idée est intéressante et je veux bien croire qu'elle permet à certaines personnes de plus de 45 ans de retrouver un emploi, mais j'aurais préféré des heures de formation regroupées sur 5 jours plutôt qu'éparpillées sur deux mois, à raison de 3 malheureuses heures par semaine. Quelle perte de temps !
De plus, je trouve que le prix d'une telle formation (2.450 € par personne, quand même !) est tout à fait exagéré. Les "formatrices" sont bien sympas et sûrement très compétentes, mais n'importe qui peut lire et commenter un syllabus bourré de lieux communs du style : "il ne faut pas arriver en retard lors d'un entretien de candidature".
J'ai aussi appris à rédiger un CV très différent de celui que je connaissais jusqu'à présent. Plus "moderne", paraît-il. Je ne suis toutefois pas persuadée de son efficacité. En effet, les personnes qui l'ont reçu (= l'agence d'intérim par laquelle je suis passée et le cabinet d'avocats où je travaille actuellement) ne sont pas arrivées à y retrouver les éléments essentiels. Normal, ils étaient relégués tout en bas de la page 2....
Ensuite, les services du chômage, anciennement ORBEM, actuellement et jusqu'à nouvelle lubie ministérielle ACTIRIS. Histoire de m'épargner un déplacement corvéesque en centre-ville (je H*A*I*S le centre-ville !!!), je me suis inscrite comme demandeuse d'emploi en passant par internet (très pratique).
Moins d'une semaine après la fin de mon préavis, j'ai été convoquée par un "conseiller-emploi" de l'Orbemactiris censé avoir lu (et compris !!!) mon CV et qui m'a remis 2 propositions de jobs censées correspondre à mon profil.
Je me suis d'abord rendue chez un expert des assurances qui cherchait une secrétaire unilingue, ayant une petite expérience professionnelle (moins de 5 ans), pour un emploi à mi-temps.
Après avoir pris connaissance de mon CV, le candidat-employeur m'a demandé ce que je venais faire chez lui (sous-entendu pourquoi je lui faisais perdre son temps). Je lui ai expliqué que j'étais envoyée par Monsieur XYZ de l'Orbemactiris et il s'est mis dans une colère noire. Choquée par sa réaction, je lui ai répondu qu'il pouvait garder son job et sa mauvaise humeur, et que je ferais part de l'incident à mon conseiller-emploi. Le monsieur s'est calmé, m'a présenté des excuses et a expliqué pourquoi il s'était emporté : le sieur XYZ de l'Orbemactiris lui avait, dans un premier temps, envoyé des candidates totalement inexpérimentées et sachant à peine lire et écrire le français. Il s'en est plaint auprès du supérieur de Monsieur XYZ qui, pour se venger, s'est mis à lui envoyer des candidates sur-qualifiées (bi- ou trilingues), ayant 20 années ou plus d'expérience et désireuses de travailler à temps plein. Bref, du vrai foutage de gueule...
L'autre proposition d'emploi m'a conduite dans un cabinet d'avocats qui souhaitait engager une secrétaire uniquement dans le cadre d'un contrat "FPI" (inconnu à mon bataillon). J'ai répercuté la demande du recruteur à mon conseiller-emploi le 9 mai et j'attends toujours sa réponse... Inutile de dire que je n'ai pas décroché ce job. Merci pour votre aide, Monsieur XYZ !
En revanche, j'ai eu d'excellents contacts avec les préposés de mon syndicat. Tant au bureau principal qu'à mon antenne locale, j'ai rencontré des personnes aimables, polies, compétentes et surtout très patientes avec la novice que j'étais. Grâce à elles, je n'ai eu aucune difficulté à accomplir les formalités nécessaires, de sorte que les indemnités journalières ont pu m'être versées tout de suite. De plus, les paiements ont toujours été effectués très rapidement, c'est à dire quelques heures à peine après la remise des cartes de pointage mensuelles.
Je n'irai pas jusqu'à dire que ce fut un plaisir de traiter avec les gens du syndicat (le chômage reste une épreuve terriblement stressante), mais là au moins je ne me suis pas sentie amoindrie...
Je ne suis restée que 4 mois au chômage. Bien que n'étant pas responsable de la perte de mon emploi, j'ai parfois eu honte. Je me suis sentie exclue, en marge de la société. J'ai ressenti de la culpabilité chaque fois que je me suis levée tard ou que j'ai fait la sieste.
Une chose est sûre : jamais plus je ne dénigrerai les "sans emploi". Pour avoir partagé leur lot pendant quelques semaines, je sais maintenant que ce n'est pas une partie de plaisir.
Mes pensées vont vers ceux/celles dont j'ai croisé la route. Courage, les amis !
Edition du 10/09/2007 :
Dès que j'ai signé mon contrat, j'ai prévenu le service d'outplacement que 1° j'avais retrouvé du travail et 2° que je suspendais ma formation jusqu'à nouvel ordre (il me reste encore une demi-douzaine de cours à option à prendre avant juin 2008). Croyez-vous que ces gens auraient eu la politesse d'accuser réception de mon mail ? Même pas ! Je pensais qu'ils seraient contents que savoir que leur "formation" a porté ses fruits (je suis la 2ème de notre groupe à avoir retrouvé un emploi). Il faut croire que non.
Je suis bête, quand même !
Commentaires
Ton billet t'honore. J'imagine très bien ce que c'est que de courir à droite et à gauche et de ne rencontrer que du vide à chaque fois. Il y a vraiment du "foutage de gueule" dans ce domaine. Je suis contente pour toi que ça n'ait pas duré trop longtemps.
Je te fais mille bisous ma Fée.
PS : Je suis rentrée !
Ayant connu une situation similaire à la tienne il y a plusieurs années, ton billet résume bien les sentiments complexes que chacun peut éprouver en pareil cas.
Mes pensées vont vers celles et ceux qui vivent cela actuellement car, en France tout au moins, la législation est de plus en plus dure dans ce domaine.
Hé oui, Marie....je connais....suivez mon regard!Pour ton info : FPI : Formation professionnelle individuelle en entreprise - Intérim) càd travail de 4 semaines sous contrat intérim, suivie d'une FPI (26 semaines max) ensuite engagement à contrat de durée indéterminée; Voilà...tout cela bien entendu avec un salaire minimum, qui fait réfléchir plus d'un chômeur à rester plutôt chez soi!
Bisous et pleines de bonnes choses dans ton nouveau job!
Pour ce qui est de "la culpabilité", je dirais qu'en Occident le fait de ne rien faire est très mal vu, parce qu'il passe pour improductif.Ce fait est très ancré dans les esprits, de manière invisible: il n'est pas perceptible car tout le monde a évolué,a grandit avec. L'idée du "le temps c'est de l'argent".
L'être humain a besoin de temps mort pour se construire, respirer.
En ce qui concerne le chômage, ta remarque sur la marginalité est très intéressante, c'est vrai qu'il y a une pression sociale palpable.
Avoir une ou plusieurs professions signifie "être réglé comme du papier à musique", c'est à dire des repères temporels (métro-boulot-dodo, pour schématiser)entre autres. Une personne au chômage n'a plus ces repères-là (marginalité).
Suivant les cas, être au chômdu peut être génial les deux premiers mois, (parce qu'on peut enfin souffler, etc...)mais devient effectivement un calvaire financier_ah! les pièces oranges devant la caissière...
Ton post regorge de petits mots ou expressions qui sont mine de rien révélateurs et intéressants:
'chômeuse "demandeuse d'emploi"'. Le premier est connoté négativement, le deuxième n'est que la belle figure du premier, comme si le chômage était une sorte de régression sociale sur l'échelle de l'évolution (voir aussi les neufs phases de Morgan).
Voici quelques idées, c'est un peu brouillon!
Bonne soirée à tous et toutes!
P.S.:"Precarité smic chomage" sur http://www.dailymotion.com
C'est un témoignage très pertinent qui encourage à la réflexion sur ce thème.
C'est quand je lis ce genre de message que je me rends compte de ma chance ! Moi, qui n'ai et n'aurai jamais besoin de chercher du travail !
Par contre, ma soeur et mon frère vont tous les deux se retrouver au chomage à la fin de l'année, je pense fort à eux et j'espère qu'ils vont rencontrer des gens compétents et retrouver rapidement un travail !
Merci Marie pour ce très intéressant bilan. Si cela peut te rassurer, en France aussi, il y a du "foutage de gueule". Je suis vraiment contente que ta période de chômage ait été aussi courte. Parce que plus elle est longue et plus il est difficile de remettre le pied à l'étrier. Même si c'est évident, il est toujours bon de le rappeler.
Très bonne continuation, Marie.
les vieux de 53 ans et plus
Combien de milliers d'euros enrichissent des Centres peu scrupuleux des évaluations initiales les formateurs font souvent ce que la Direction veut qu'il soit fait!!! et les accompagnements remplissent le tiroir-caisse ...c'est aussi le cas au coeur de la formation continue, parfois ou dans l'alternance, ces mêmes centres peu scrupuleux qui regroupent au max les candidats...CAP et Bac ou BTS ... par exemple - heures NTIC non accompagnées etc...
Bon, mais nous sommes debout et tu en es l'exemple, licenciée, virée en Décembre, je rentre en 2ème année de Master ( financement cheque Region...)après avoir utilisé ces 6 mois à ne rien faire ou presque ...Formation autodidacte par le net, entre autre, afin de préparer l'exam d'entrée suite à une VAP ( pas VAE ).
Tout reste possible.Osons et continuons à booster ceux qui glissent ...
Bisous à toutes
Samy
tes créations
MAGNIFIQUE !!!
vends-tu ??
C'est plus qu'un à-côté a approfondir ...
J'ai une cop sur le Sud -Ouest qui se lance ( création de bijoux et de perles ...Je suis sûr que vous auriez des choses à vs dire ..
amicalement
Samy
Continuellement rejeté au chômage depuis...
plus de 10 ans, parce que trop ...ou trop....voire de ....(en fait pour faire préférer des plus jeunes), j'aurai 60 ans en 2008 et les employeurs mettent les congénères (préservés du chômage) en retraite dès les 57 ans.
Que faire ?
Avec quelques autres nous proposons une enquête participative qui ne vous demande que 5 minutes, sur le site http://action.antichomage.free.fr
Merci à vous
Hello Marie
je n'ajouterai rien aux commentaires qui précèdent .
Ceci dit , il en 1983 j'ai rédigé un memeoir ayant pour sujet le "vécu des femmes en chômage" .
je contaste que rien n'a changé :le sentiment de culpabilité reste toujours plus présent que jamais .
bonne m----e avec ton nouveau job .
Amitiés
Valla
pour qui la honte ?
primo pour moi "le mememoir " me reste là devant le yeux ;!!!!!
2 pour toute personne ayant pris quelque responsabilité pour "diriger" ce pays ...
pour les "investisseurs" qui se mettent les "pepetes" dans les "foufouilles" .... bon j'arrête, je risque d'y rester la nuit le chomage : je l'ai vécu : 1 fois 6 mois et une 2 ème 4 mois .
al'époque , il fallait aller pointer , dans la fille je cachais mes larmes de rage .
j'ai pris 8 ans de ma vie pour travailler étudier en meme temps , elever mes enfants , et le mari quui ne "participait qu'a peine au ménage "... j'n'étais pas née le "cul" dans l'beure pour être le "diamant" de mon mari lol
bon mais je ne regrette pas mes diverses expériences ... sauf d'avoir eu ce sentiment de HONTE
Rejeter au chômage...
Rejeter au chômage sans aucune recommandation ou autre contact pour un emploi, et ainsi ces "bourreau" d'opérateurs de l'emploi opèrent l'exclusion; c'est à dire qu'à la merci des employeurs recruteurs, ils appliquent un réel génocide ou exclusion génocidaire.
http://action.antichomage.free.fr
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